Comment mener une étude multilingue ?

Une contribution de Nina Arisci

Le multilinguisme de la Suisse est un aspect précieux de notre société dont on peut difficilement se passer. Selon l’Office fédéral de la statistique (2020), en 2018, 62% de la population suisse aura l’allemand ou le suisse allemand comme langue principale, suivi du français avec 23%, de l’italien avec 8% et du romanche avec 0,5%. Outre ces quatre langues officielles, de nombreuses autres langues sont également parlées, notamment la langue des signes suisse-allemande, la Langue des Signes Française et la Lingua Italiana dei Segni.

L’objectif principal de l’étude SELODY était de mettre les résultats de l’étude à la disposition du plus grand nombre possible de personnes en Suisse et dans le monde. Pour garantir cela, nous avons naturellement dû veiller à ce que le plus grand nombre possible de ces personnes soient représentées en tant que participant-e-s. C’est pourquoi, depuis le début de l’étude, nous avons mis nos documents à disposition dans différentes langues. Plus précisément, nous avons distribué les informations en allemand, français, italien, en langue des signes suisse-allemande et en langue des signes française lors de l’annonce de l’étude. Les questionnaires de l’étude principale actuelle peuvent être remplis en allemand, en français et en italien. Nous avons également proposé les services d’interprètes en langue des signes pour cette étude. Grâce à la grande diversité linguistique, nous avons pu attirer des participants d’Allemagne, d’Autriche et de France au-delà des frontières nationales.

Nous devons donc bien sûr tenir compte de certains éléments pendant l’étude pour que tout se passe bien. Par exemple, tous les membres de l’équipe SELODY parlent couramment au moins deux langues. Nous avons toutefois confié la traduction des questionnaires de l’enquête principale à des professionnels – de cette manière, nous pouvons garantir que les questions portant sur des sujets abstraits tels que les relations ou la santé sont traduites de manière appropriée. Ceux-ci ne sont pas nécessairement désignés et décrits de la même manière dans les différentes langues et cultures, de sorte que le soutien des équipes de traduction professionnelles a été très précieux.

Mais même au sein d’une même langue, nous avons parfois dû utiliser des termes différents. L’aide de l’État en cas d’incapacité de travail pour raisons de santé en est un exemple. Ce que l’on appelle en Suisse l’assurance-invalidité, ou AI en abrégé, porte des noms différents en Allemagne et en Autriche et ne fonctionne pas de la même manière. Nous devions comprendre cela correctement sur le plan linguistique et politique. Nous avons donc dû faire preuve de prudence tout au long du processus et nous sommes donc très heureuses de pouvoir compter sur le soutien d’experts en langues. Avec l’UCBA , par exemple, nous avons élaboré un document dans lequel tous les termes les plus importants et leurs désignations correspondantes sont indiqués dans les différentes langues. Nous avons décrit certains d’entre eux dans ce billet de blog.

Nous sommes convaincues que l’effort de mener cette étude en plusieurs langues en vaut la peine ! La discussiont linguistique est enrichissante pour nous et nous sommes heureuses que nos participant-e-s soient représenté-e-s de tant de manières différentes. Cela nous permet de faire connaître les résultats de notre étude au plus grand nombre de personnes!

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